La débâcle de l’Ordre des infirmiers |
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La débâcle de l’Ordre des infirmiers Paris Daniel MAROUDY (Cadre infirmier)
Incompétence technique, immaturité collective, ivresse du pouvoir… Quelles explications donner à la débâcle du Conseil de l’Ordre national des infirmiers français ? Comment et pourquoi des femmes et des hommes porteurs d’un projet historique, sollicitant et engageant des centaines de milliers de personnes, avec des enjeux humains, moraux, sociaux, échouent aux premières heures de l’aventure ?
Le constat est lourd : déséquilibre budgétaire, erreur de gestion et de stratégie, gouvernance contestée, conflits d’intérêts, démissions… Ces dysfonctions ne sont pas des aléas d’une courbe d’apprentissage. Ils sont révélateurs d’une réalité organique plus grave : l’incapacité du monde infirmier français à se définir, à se structurer, à se qualifier… Bref, à se constituer et à exister en tant que groupe professionnel. Le mal est profond. Dans ce cumul d’infortunes, il a le déficit d’adhésions à l’Ordre. Pourquoi ? Certes, il y a cet incessant travail de sape de certains professionnels et militants visant à torpiller le bien-fondé de cette instance ordinale. De nombreux infirmiers s’y sont ralliés. Puis cet appel initial maladroit à cotisation (75 euros). Dissuasif par son ampleur et dans son vécu symbolique. Mais plus en profondeur, l’audience de l’Ordre des infirmiers pâtit surtout d’une crise de valeurs de la profession. Orphelines de repères, de sens et de savoir, les infirmières ont besoin d’un socle de valeurs communes, d’une assise scientifique pour promouvoir et valider leur pratique, d’une juste et honorable reconnaissance sociale. A ces attentes, aucun écho ordinal significatif ! L’Ordre national des infirmiers a été une espérance pour certains, une crainte ou un mal pour d’autres. Aujourd’hui, il s’est exposé à la défiance de tous. Pour susciter ou restaurer l’adhésion, il doit proposer et incarner un nouvel idéal commun. |
